Après la grève des chauffeurs, Kinshasa revoit jaune

© Transports en commun à Kinshasa

La ville de Kinshasa a vécu une marée des humaines qui ont arpenté à pied les différentes artères pour différentes destinations. Le centre-ville était morose. La déception pouvait se lire et non sans entendre “il faut quitter ce pays” La population qui est partie de diverses destinations, a préféré rebrousser chemin. Visiblement, seuls les trans-academia, les bus transco et esprits de vie qui tentaient de décongestionner le transport perturbé par cet appel à la grève des transporteurs privés.

En effet, pour des revendications multiples dont la tracasserie policière sur la route, les “poro” avaient décidé de ne pas exercer leur travail lundi. Le jour d’après était plutôt timide.
Après les contacts qui se sont avérés positifs avec l’autorité urbaine. Mercredi et jeudi, les véhicules de couleur jaune ont de nouveau remplis les rues.

A qui a profité cette action ?

Comme en bons politiciens congolais, les autorités congolaises ont attendu jusqu’au passage à l’acte d’une grève qui devait durer 3 jours. Et si cela était arrivé ? Lorsque la population, déjà au bord de l’écoulement pour la plupart, a crié au scandale, appuyant les revendications des chauffeurs, une réunion a été tenue, dans la foulée, au ministère provincial de l’intérieur avec le président de l’association des chauffeurs.

Quand deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui soufre. Souffrance de ne pas se déplacer pour aller aux “coop”, souffrance de se décider d’y aller en laissant au passage, des sommes colossales auprès des motards qui ont de toute évidence majoré les prix des courses. Les chauffeurs fâchés contre les autorités policières et exécutives font souffrir la population qui, du reste, s’emploient même avec peine, à débourser des sommes équivalentes au double chaque fois qu’il y a embouteillages.

On n’en voudra peut-être jamais à celles et ceux qui passent leurs journées dans des salles climatisées, qui fréquentent les meilleurs resto, qui circulent avec des véhicules en cortège ; dans les meilleures conditions dans un Kinshasa pratiquement en feu depuis des années, où des gens survivent au lieu de vivre. Le minimum est de signer ce qu’il faut pour que ceux là qui votent pour vous offrir ce luxe aient ce minimum, fièrement repris dans n article 15, de je ne sais quoi : débrouillez-vous.

La vraie raison de revendication

Enfin, les chauffeurs ont exigé auprès de l’autorité urbaine que seuls les éléments de la PCR et les services de la DGRAD puissent opérer dans les parkings. De ce fait, la présence des unités appelées Udjana, PP B2 Mbata ne sont plus les bienvenus pour percevoir les amendes ou
interpeler les chauffeurs pour de diverses raisons car ils restent l’origine de taux maux dans la ville de Kinshasa

Visiblement, l’indignation est totale auprès des chauffeurs des transports en commun, ou du moins les dirigeants de leur association. Un chauffeur est pris pour un champ de patates où les policiers de roulage viennent fièrement cueillir ce qu’ils ont planté. “Madesu ya bana”, “Mabe zéro”, “Mikie mikie” et plein d’autres termes font le vocabulaire de la circulation dans les relations entre chauffeurs et policiers. Et la corruption s’en mêle.

Pourtant, être un chauffeur de taxi est un métier “noble”. Ils sont d’une telle importance qu’ils conduisent des vies, des âmes innocentes et conscientes journellement. C’est en grande partie, leur responsabilité quand advient un accident de circulation. C’est donc un métier pour lequel avoir plus d’égards, aussi bien chez les autorités que ceux qui empruntent leurs engins quotidiennement. Dans un autre temps, ils doivent se valoriser aussi.

Comparativement à d’autres pays “plus proche du développement”, être chauffeur est une fierté. Ils sont sollicités par commande à travers des smartphones, ils sont payés sur les kilomètres parcourus dans la courses, ils ont des droits et ils le connaissent. Pourquoi n’a-t-on jamais vu un immeuble dont le patron constructeur est un chauffeur de taxi ?

La question reste posée !

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