Arrestation de Salomon Kalonda : un feuilleton qui chamboule le train de l’actualité 

Personne n’est resté inerte face à cette arrestation arbitraire de Salomon Idi Kalonda, conseiller spécial de l’opposant Moïse Katumbi, arrêté mardi matin par les services de sécurité à l’aéroport international de Ndjili pour des raisons non connues jusqu’ici.

À cette triste nouvelle des  voix se lèvent, sur toute l'étendue du territoire pour exiger sa libération.  L’opposition, comme société civile, tous ont adressé des messages de réconforts à la victime . Les plus emblématiques sont ceux  des  quatre leaders d'opposition, à savoir : Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo qui, tour à tour, ont envoyé des messages de compassion à ce haut cadre d’Ensemble pour la République, partie politique chère de l’ex gouverneur de la province cuprifère. 

Le premier à réagir, c’est Martin Fayulu qui fustige cette interpellation et évoque l’avènement de la dictature dans un tweet posté quelques heures après l'événement « L’arrestation brutale et illégale de Salomon Kalonda est une illustration de plus de la dérive dictatoriale en cours en RDC. Le rétrécissement des libertés publiques et arbitraire ramène notre pays en arrière. Nous assistons aux signes avant coureur d’un régime sur la fin », a écrit l’opposant.

Il y a aussi la réaction de Delly Sesanga, président de l’Envol qui a aussi twitté à ces mots. « L’enlèvement des acteurs politiques pour les réduire au silence est une pratique condamnable propre aux dictatures. Après l’enlèvement de mon collaborateur OMELONGA LENS1, détenu depuis plus de 30 jours à l’ANR, je déplore  celui de Salomon Kalonda aujourd’hui à l’aéroport international de Nd’jili », a regretté l’opposant.

De son côté, Moïse Katumbi dénonce cette arrestation et parle de la fin de l’État de droit « L’arrestation arbitraire et illégale de mon conseiller spécial Salomon Kalonda à l’aéroport de N'djili est un enlèvement crapuleux. Aucune base juridique. Fin de l’Etat de droit. Que lui reproche-t-on ? Où a-t-il été emmené ? Les autorités doivent s’expliquer et le libérer », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

L’ancien Premier ministre de Joseph Kabila, Matata Ponyo, président national de LGD RDC, Même son de cloche mais pas de mots assez durs pour qualifier cette arrestation « Je viens d’apprendre que Salomon Idi Kalonda, l’un de collaborateurs les plus proches de Moïse Katumbi, vient d’être enlevé en plein aéroport de Kinshasa par des hommes en tenue civile par un pick up double cabine. Je proteste contre ce type de dictature et réclame sa libération », a-t-il décrié.

La dernière réaction est celle de la Voix des Sans Voix (VSV) qui a exprimé ses vives inquiétudes concernant les pratiques et méthodes musclées tendant à réduire au silence ou à intimider des opposants politiques  « Quel que soit le motif qu’on reproche à M. Salomon IDI KALONDA, rien dans un Etat de droit ne pouvait justifier le traitement inhumain lui infligé. Il suffisait tout simplement de lui envoyer une invitation ou une convocation en bonne et due forme au cas où il détiendrait une arme sans autorisation et une carte d’électeur pendant qu’il serait de nationalité belge comme cela se raconte. En outre, il revient à la VSV que dans son lieu de détention, les droits de la victime seraient constamment violés : aucun droit à la nourriture, pas de visite de ses avocats et moins encore des défenseurs des droits de l’Homme», note l'ONG de défense des Droits de l'homme dans un communiqué.

Il sied de noter que les autorités compétentes ne se sont pas encore prononcées sur ce dossier qui intervient 17 jours avant la tenue d’une autre manifestation de l’opposition.  Martin Fayulu, Moise Katumbi, Delly Sesanga et Augustin Matata qui ont multiplié des actions contre le pouvoir ces derniers jours.

Silas MUNGINDA 

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