Catastrophes naturelles : Inondations à Kalehe, Tshisekedi décrète un deuil national mais pour quel prix ?

Le drapeau multicolore est en berne ce lundi 08 Mai sur toute l’étendue de la République. Les têtes baissées en guise de rendre hommage aux plus de 400 personnes retrouvées dans l’au-delà, après la pluie diluvienne du jeudi 04 au 05 Mai dernier, durant un jour de deuil et après tout continuera à la vie normale comme d’habitude. Pourquoi la RDC continue toujours à son devoir régalien de compter les morts après la pluie diluvienne ? C’est du moins ce qu’un pays au 21ème siècle peut faire face car ce sont des morts de trop que l’on pouvait éviter. Vaut mieux prévenir que guérir dit-on, mais en RDC , cet adage semble ne pas trouver de réponse.

L’autorité provinciale ne voit que sur la nature

Tout porte à croire que les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Les congolais s’attendent toujours au pire, pas par un hasard mais plutôt par l’impréparation des ses dirigeants après chaque goutte d’eau des pluies. Pas si longtemps, l’année passée date du 13 décembre 2022, la ville de Kinshasa avait enregistré aussi un bilan de 143 morts et plusieurs disparus. Surtout que personne n’est responsable. C’est la pluie qui l’est. Alors sans remords, personne ne pourra répondre à sa place. « C’est une catastrophe naturelle, on ne l’a pas prévue, c’est à nous de prendre des décisions qu’il faut », a expliqué sur les ondes de la RFI, le gouverneur de province du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi,

Des études jetées aux oubliettes…

Cette catastrophe naturelle dans le territoire de Kalehe était belle et bien prévisible et même évitable. D’autant plus qu’il existe déjà un rapport portant sur le danger guettant la population de cette contrée du Sud-Kivu, lequel rapport avait été établi par un groupe des géographes et autres experts en environnement. Dix ans après ces études,toutes les promesses faites n’ont jamais vu le jour.

Ribogert Birembano Bahati, géographe et enseignant à l’Institut supérieur pédagogique de Bukavu (Sud-Kivu) tient à ces études et estime qu’il faut penser à réaménagement du territoire avec délocalisation de la population et surtout penser au reboisement des collines « C’est phénomène qui vient d’arriver n’est pas nouveau, c’est vraiment regrettable comme on avait déjà fait le rapport, il ne fallait pas encore à vivre cette situation comme celle d’aujourd’hui. L’idéal pour nous à l’Est de la RDC serait de revoir notre aménagement du territoire et de créer des cités », a t-il dit sur les ondes de la radio onusienne.

Pour mieux être visible, il faut saisir la balle au bond…

Le Président de la République, a dépêché une forte délégation constituée de membres du Gouvernement Central et des Députés Nationaux pour présenter ses condoléances aux familles éplorées et leur apporter une assistance en vivres et non vivres. Est-ce que cela démontre la réelle volonté du président de la république et son gouvernement de suivre de près la situation autour de ce drame ?

Le traitement indélicat des dépouilles mortelles des victimes de ces pluies diluviennes restera à jamais comme une épine dans le dos des proches qui ont vu les leur parti sous un regard mesquin des dirigeants. Et pourtant, dit-on, gouverner c’est prévoir !

Il sied de signaler que le bilan de ces pluies diluviennes ne cesse de s’alourdir. Le gouvernement provincial, les membres de la société civile, des équipes de secours et des hommes de bonne volonté continuent à travailler sans répit pour déterrer les corps engloutis par des murs ou submergés dans les eaux.

Silas MUNGINDA

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