Contrat minier chinois : Félix Tshisekedi marche sur des œufs avec Pékin 

Renégocier, revisiter ou rééquilibrer le “contrat du siècle” était les assignations de Kinshasa en prélude de la visite d’Etat de Félix Tshisekedi à Pékin, en Chine. L’espoir était vif côté congolais. Pourtant, à l’arrivée le communiqué final publié à l’issue de la visite laisse les congolais un peu sur leur faim. Aucune mention ni même allusion n’est faite au sujet du fameux contrat « minerais contre infrastructures » de 2007, largement défavorable au Congo, il faudra encore patienter. 

Un peu de patience

Plusieurs mémorandums ont été signés entre la République Démocratique du Congo et la République populaire de Chine mais aucun ne spécifie clairement un rééquilibrage du contrat minier. Le texte final reste très général. 

Selon le communiqué relayé par les médias d’Etat chinois, Kinshasa et Pékin se sont accordés sur le renforcement de leurs relations bilatérales  et l’élargissement de leur coopération dans les domaines de l'éducation, de la recherche scientifique, de la santé, de la construction d'infrastructures, de l'exploitation minière et de l'agriculture. 

Les deux pays se sont également convenus d’évaluer régulièrement leur coopération minière dans l'intérêt à long terme. La Chine s’est d’autre part engagée à encourager ses entreprises à investir dans les projets de développement de la chaîne de valeur des batteries électriques de la RD Congo et à soutenir la modernisation de son secteur industriel. 

Une lueur d’espoir

Cette première visite du président Félix Tshisekedi en Chine a suscité une lueur d’espoir aux congolais sur ce dossier majeur : Un contrat jugé déséquilibré pour Kinshasa, que le président Tshisekedi a souhaité vouloir inverser le pourcentage des parts détenues par son pays dans la Sicomines, par l’entremise de son entreprise Gécamines. Au lieu des 32% actuels, Kinshasa souhaite détenir 70% de la Sicomines.

Aucune négociation à Pékin 

Des sources gouvernementales congolaises indiquent que l’accord minier de 2007 n’a pas été évoqué lors de la rencontre entre Félix Tshisekedi et son homologue Xi Jinping, mais elle parle tout de même du souhait de Félix Tshisekedi de donner un autre élan à la coopération économique et commerciale entre son pays et la Chine. Cela passe notamment par de dépassement de la Convention de collaboration signée entre le gouvernement et le Groupement d'entreprises chinoises en 2007. Ladite convention est basée sur un modèle ressources naturelles contre infrastructures.

« En fait, depuis mon accession à la tête du pays et lorsque j'ai été au fait des dossiers, je me suis rendu compte qu'en fait ce partenariat n'était ni profitable à la République démocratique du Congo, ni profitable à la Chine. C'est vrai qu'il y a le rapport de l’IGF qui dit qu'il y a eu beaucoup plus de gains par rapport aux entreprises chinoises que par rapport à la République démocratique du Congo. C'est vrai, mais vous avez bien entendu, j'ai dit pas à la Chine, donc à l'État chinois », a dit le président congolais à la fin de son séjour chinois.

À la prudence…

Pourquoi alors marteler les intentions de vouloir renverser la table, renégocier le contrat et inverser le rapport de force ? Le problème, c’est que Kinshasa ne pèse pas bien lourd face à son partenaire chinois. Félix Tshisekedi, comme son prédécesseur, marche sur des œufs avec Pékin. En clair avec son modique budget, la RDC  a besoin de la Chine, son premier partenaire commercial avec ses 21,7 milliards de dollars, importations et exportations confondues. Elle ne souhaite pas mener des négociations à l’avant vite pour ne pas suffoquer l’amitié qui lie ces deux pays car le  Président Tshisekedi a toujours placé la Chine au rang des pays sur lesquels la RDC peut s’appuyer pour booster son décollage.

Silas MUNGINDA 

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