Coopération sino-congolaise : dans l’expectative du feuilleton Sicomines

À l’invitation de son homologue chinois, le Président de la République, Félix Tshisekedi séjourne, depuis mercredi 23 mai 2023, en Chine pour une visite d’Etat. Pour ce déplacement hautement stratégique, le chef d’Etat congolais est à la tête d’une grande délégation gouvernementale. Si, à en croire la cellule de communication de la Présidence de la République, politique, technologie, défense, économie et commerce seront au cœur de cette visite ; à l’aune du feuilleton Sicomines, l’opinion publique congolaise reste toujours dans  l’expectative.

Le contrat du siècle

Certains analystes pensent que le premier dossier sur lequel le pays attend le chef de l’Etat et cette litanie de warriors, c’est de faire le point sur le fameux « contrat chinois » ; signé en 2008 par Kinshasa et un groupe d'entreprises chinoises, ayant abouti à la création de la SICOMINES. Lequel contrat aura permis à la RDC de  mettre à disposition ses ressources naturelles, contre la construction des infrastructures. 

Par ce contrat, la chine avait vendu son engagement économique et financier derrière la RDC au sens d’œuvrer en faveur de la mise en place d’un partenariat win-win, profitable à la fois aux peuples congolais et chinois. Compte à rebours sur ledit contrat par des enquêtes de l'Inspection générale des finances (IGF) un total déséquilibre, profitant ainsi à la Chine sur toutes les lignes et la RDC perd la manche. 

Le congolais à l’expectative

D’après l’agenda tracé pour cette visite de haute portée diplomatique, Félix Tshisekedi aura un tête-à-tête avec son homologue Xin Jinping ce vendredi 26 mai, hormis les entretiens de haut niveau avec plusieurs hautes personnalités chinoises. À travers ces entrevues de haute gamme , le congolais attend voir Félix Tshisekedi avisé par le fiasco de l’accord du siècle pour pouvoir négocier pied à pied avec son homologue en vue d’équilibrer les intérêts entre la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine. 

À en croire certains analystes  mettre sur la table ce dossier n’aura visiblement pas l’intention de suffoquer l’amitié qui lie son pays à la Chine qui cette dernière ne s’est totalement pas montrée réfractaire. «Je sais que le président était dans l’opposition quand ces contacts ont été signés avec une grande opacité au point où personne ne pouvait s’imaginer. Aujourd’hui avec le chef de l’Etat, il y a l’occasion pour voir finalement qu’est-ce qui est derrière ce contrat», a expliqué sur les ondes de la radio onusienne, Arsène Mwaka, le professeur à l’Université de Kinshasa.

Enquête d’un appui militaire

Il sied de relever qu’un tout autre enjeu de cette même visite est tel que la RDC, victime de l’agression barbare de la part du Rwanda, peut mettre à profit tous les échanges au programme pour arracher le soutien de la Chine pour restaurer la paix dans sa partie orientale. À en croire le ministre Patrick Muyaya, sur les antennes de la télévision chinoise CGTN, cette visite marquera un tournant décisif, car la Chine étant le premier partenaire économique de la RDC.

Revenons sur l’agenda du Chef de l’Etat, après l’étape de Pékin, il se rendra tour à tour, avec à sa suite la délégation congolaise, à Shangai, Hong-Kong et à Shenzhen pour une série de rencontres avec, notamment,les entrepreneurs et opérateurs économiques œuvrant dans cette partie du globe. Il est prévu à Shenzhen la signature d’un accord de coopération entre la RDC et le géant Huawei via le ministère du Numérique.

Silas MUNGINDA

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