Dossier Sicomines : le gouvernement congolais paralysé pour décanter la situation 

En RDC, cela semble évidemment ridicule d'observer une incapacité majeure au niveau du gouvernement congolais qui, jusque-là, a toujours l'oeil passif sur les dossiers de la Sicomines, une joint-venture créé pour mener à bien le projet de 6 milliards USD au profit du financement des infrastructures pour lesquelles la RDC offrait ses minerais dont principalement le cobalt et le cuivre, d’une valeur estimée à 10 millions de tonnes par an.

L'inspection générale des finances (IGF) soulignait, au début de cette convention, que ce contrat avait suscité beaucoup d’espoir, mais cela n’a pas tenu sa promesse. Celle de doter la RDC d’un éventail d’infrastructures très modernes. 

Le gouvernement Sama, sur les traces du régime Kabila

Le je-m’en-foutisme du gouvernement de Sama Lukonde envers ce contrat minier RDC-Chine doit être interpelé au plus vite que possible pour palier cette situation déplorable qui regorge, en même temps, les intérêts du pays mais également le développement du secteur minier, locomotive de la croissance économique.

Le chef de l'État, Félix Tshisekedi, avait, lors de la réunion du conseil des ministres tenue le vendredi 17 mars de l'année en cours, évoqué l'impérieuse nécessité d'une revisitation des contrats de cette convention dans le sens d'un rééquilibrage des avantages visant à garantir les intérêts de la République démocratique du Congo dans l'obligation de la Sicomines. Et après…

Le contrat minier chinois bien que qualifié de léonin par le gouvernement congolais,  la revisitation devrait être active pour revoir sa gouvernance du secteur minier dans l’ensemble, pour ne plus retomber dans les mêmes erreurs de précédents gouvernements.

Où en sommes-nous avec ce contrat ?


Pour Claude Kambemba, directeur de l’Observatoire pour les ressources naturelles (SARWA) avait, dans ce contexte, fustigé le silence coupable des autorités congolaises face aux promesses non tenues de leurs partenaires chinois.

« Si les chinois n’ont pas respecté en présence d’un gouvernement établi, à qui incombe la faute ? Parce que, je vois très mal, comment un contrat signé, on a accepté le contenu du contrat et un partenaire n’arrive pas à satisfaire ce contrat et on reste silencieux pendant très longtemps…Tout le monde savait que les chinois n’arrivaient pas à appliquer le contrat comme il le fallait depuis très longtemps, ce n’est pas une nouveauté », avait-il indiqué.

Les conclusions de l’audit mené par l’IGF sur l’exécution de cette convention fait état de non-respect des dispositions de contrat. À en croire l'IGF, Malgré quelques réajustements survenus sur le contrat initial, le taux de réalisation des infrastructures dans le cadre de cette convention restait très faible. C’est même la désillusion, selon l’IGF. En effet, un seul hôpital a été construit sur les 32 attendus. 

Il s'agissait de l'hopital du Cinquantenaire à Kinshasa inauguré par le président honoraire de la RDC, Joseph Kabila le 22 mars 2014. L’aéroport de Kavumu, à Bukavu et celui de Goma n’ont pas été réhabilités comme promis. Autour de 380 km de routes ont été construites ou réhabilitées sur les 7 088 Km prévus. Enfin, aucun kilomètre de chemin de fer n’a été construit sur les 380 listés.

La partie chinoise réfutait en bloc toutes les accusations de l’Inspection générale des finances.

« Nous avons le regret de constater que, le rapport dont le contenu est plein de préjugés, ne correspond pas à la réalité, ne peut être considéré comme crédible et n’a pas de valeur constructive », avait réagi l’ambassade de Chine en RDC.

C'est dommage de constater jusqu’alors, on n'observe aucune sanction pour les entreprises chinoises qui ont suffisamment bouffé l'argent bêtement sur le sol congolais, moins des suivies pour savoir quoi faire.

Carly Vangu

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