Élections en RDC : quand les occidentaux s’en mêlent 

À six mois des élections quasi générales en RDC, les pays occidentaux, la communauté internationale ou que savons-nous encore expriment leur inquiétude, non sans oublier de féliciter les avancées de la part de la CENI. Au milieu ou à côté du village, les autres s’en mêlent déjà. Un peu comme d’habitude.

Alors que le pouvoir et l’opposition se regardent en chiens de faïence, la communauté internationale veut faire la justice en gros, l’arbitre. 16 pays occidentaux, plus l’union européenne, ont signé un communiqué pour dire ce qui leur convient jusqu’ici comme si cela dépendait d’eux.

« La liberté d'expression, de la presse, de réunion, d'association et de mouvement sont des éléments essentiels d'un processus libre, équitable et pacifique, tout comme l'État de droit. Nous réitérons nos préoccupations concernant l'usage excessif de la force en réponse aux récentes manifestations, les restrictions imposées à la liberté de mouvement ainsi que les arrestations arbitraires. Nous prenons note de l'annonce d'enquêtes, et nous les encourageons, sur l'usage excessif de la force par les forces de sécurité lors des manifestations. Les forces de sécurité doivent respecter les droits des citoyens qui sont inscrits dans la constitution », disent-ils.

Dans un camp politique, on considère cette sortie comme un vaccin contre le pouvoir de Félix Tshisekedi. Ce n'est pas de la peine d'être divin pour subodorer l'intention de ces occidentaux malgré leur volonté à accompagner la RDC et la population congolaise sur la voie des élections compétitives, pacifiques, inclusives et transparentes en décembre 2023. On se dirige vers la fameuse phrase “compromis à l’africaine”, laquelle a fait l’objet d’une parenthèse intéressante dans la discussion entre Felix Tshisekedi et le Président français Emmanuel Macron, à Kinshasa.

« Nous recommandons vivement à la CENI de s'engager avec un maximum de transparence et de réactivité, en dialogue avec toutes les parties prenantes, afin de renforcer la confiance de la population congolaise dans les résultats de ces efforts. À ce sujet, nous encourageons la tenue de cadres de concertation de la CENI avec la société civile et les partis politiques. Nous prenons note du nettoyage interne du fichier électoral par la CENI et de l'audit qui s'en est suivi. Cependant, nous constatons les préoccupations que la mise en œuvre de l'audit n'a pas favorisé la perception par le public d'un contrôle indépendant et transparent, manquant ainsi une occasion importante de renforcer la confiance de toutes les parties prenantes », peut-on lire dans ladite déclaration.

L'Allemagne, la Belgique, le Canada, l'Espagne, la France, la Grèce, l'Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse, la République Tchèque, et de la Délégation de l'Union européenne sont ceux qui ont signé le communiqué. Comme si de rien n'était chez eux.

Carly Vangu

Partager via

Laisser un commentaire