Enrôlement des Électeurs à Kwamouth : la CENI accentue les doutes sur le processus électoral

Territoire en proie aux conflits armés, Kwamouth va bientôt abriter les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs. Cette annonce  défraie la chronique et partage l’arène politique congolaise. Elle est jugée « irréaliste » par de nombreux observateurs du fait que  la loi portant répartition des sièges pour les élections législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales n’attend que sa promulgation par le président de la République qui devra intervenir d’ici peu.

La CENI ne jure que sur son travail 

Dans un communiqué rendu public lundi 12 juin 2023, la Commission électorale nationale électorale (CENI) précise qu’au moins 109 442 personnes sont ciblées au cours de ces opérations dont la durée est de 15 jours (jusqu’au 10 juillet 2023). Selon la Centrale électorale de la République Démocratique du Congo, l’augmentation du nombre des centres d’inscription (CI) et des kits d’enrôlement aidera à observer le délai imparti.

Que vive le débat 

Les différents états-majors des partis politiques et de nombreux acteurs de la société civile doivent être surpris de l’annonce de la CENI. La province du Maï-Ndombe a connu le plus faible taux d'accroissement à cause de la non tenue des opérations d'enrôlement dans le territoire de Kwamouth en proie à l’insécurité due au conflit Teke-Yaka.

Par conséquent, il est difficile de faire la répartition des sièges sur base du quotient électoral sans nombre total d’enrôlés, car le quotient électoral qui est calculé sur base du nombre des enrôlés divisé par la représentation nationale qui s’élève à 500 sièges à l'Assemblée nationale donne le nombre exact de sièges par circonscription électorale.

Même sans organiser l'enrôlement dans les territoires de Kwamouth au Maï-Ndombe, la CENI a tout de même gardé le nombre de sièges qu'en 2018 pour cette entité dont le nombre s’élève d’un seul siège. Pendant que l’opinion taraude l’esprit à longueur de journée sur la faisabilité de ces processus du fait que la loi sur la répartition des sièges est à l’expectative de sa dernière phase.

Pour la CENI « En calculant ce que nous appelons le quotient électoral, nous avons tenu compte du fait qu’il y a eu une partie du territoire qui n’avait pas été enrôlée, nous n’avons pas tenu compte d’électeurs pour que cela n’affecte pas le quotient électoral. Nous avons procédé à la répartition des sièges en tenant compte de la reconduite des autres sièges de l’édition antérieure », a expliqué sur les ondes de la radio onusienne, Joseph Senda, directeur des opérations de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

En clair, le processus de l’identification et l’enrôlement des électeurs reste un principe légal. Mais la CENI ne doit pas s’organiser dans le cadre de pouvoir combler la question relative à l’attribution des sièges dans cette entité. Une démarche qui accrédite des doutes dans la mesure où le  nombre des enrôlés du quotient électoral  réservé à cette circonscription électorale s’avère supérieur à l’épilogue de processus d’enregistrement des électeurs. Qu’est ce que qui va se passer ?

« Ce  n’est pas parce que le nombre est augmenté que ça va forcément faire bouger le nombre de sièges, le nombre de sièges est fonction du quotient électoral. Nous prenons le nombre des électeurs, nous le divisons par le quotient électoral, il nous donne un quotient, un résultat c’est ça le nombre des sièges », a-t-il répondu . Une réponse qui laisse les observateurs un peu sur leur faim car elle ne semble pas rencontrer les attentes.

Un casse-tête de l’insécurité 

La CENI suivra ces mêmes processus dans les territoires de Masisi et Rutshuru au Nord-Kivu. La Centrale électorale de la République démocratique du Congo s’est ainsi trouvée dans l’incapacité de poursuivre le processus dans ces contrées du pays à cause de l’insécurité.

Le gouvernement attend de processus de Luanda et de Nairobi qui devaient servir de levier pour le retour de la paix en cette partie du territoire de la RDC afin de permettre à la CENI d’y organiser aussi l’identification et l’enrôlement des électeurs une fois la sécurité garantie dans ces entités.

Silas MUNGINDA

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