Observation de l’UE aux élections de 2023 : une nécessité aux allures souhaitées

Les observateurs de l'Union Européenne (UE) pourraient être au jeu de supervision des élections en RDC prévues  en décembre prochain. Il faudrait alors attendre  leur confirmation programmée au mois de septembre. Invitée par le gouvernement congolais, l'UE via le service via le "service européen pour l'action extérieure" veut d'abord, à travers une mission dénommée "exploration électorale", se rendre compte de l'effectivité des conditions d'observation des élections en décembre prochain, avant de se jeter.

« La mission, qui vient à peine de débarquer en terre congolaise, doit travailler durant quinze jours. C’est au terme d’un processus de rencontres, réunions, l’écriture d’un rapport à transmettre à la hiérarchie, qui prendra la décision finale de déployer ou pas la mission d’observation électorale pour les scrutins de décembre prochain », avait déclaré, le chef de mission, Vincent Ringenbert, au sortir d’une audience avec le président de l'Assemblée nationale.

Déjà en 2018, faut-il rappeler, les observateurs n'ont pas été invités à superviser les élections. Les animateurs de la CENI de l'époque justifiaient cette décision par le fait que les observateurs, via la fondation Carter, avaient fait preuve d'un manque de professionnalisation.

Pourtant, cette fondation qui affirme promouvoir la démocratie et les droits de l’Homme dans le monde, a été fondée en 1982 par l’ancien président américain et prix Nobel de la paix Jimmy Carter. Que s'est-il donc alors passé pour que le gouvernement congolais change, cette fois, de regard avec cette institution internationale ?

L'UE oui, mais pour quel résultat ?

C'est évident : les congolais ne sont plus dupes. Dorénavant, ils connaissent tout : les  acteurs, les jeux ainsi que les enjeux’’. Après les trois cycles électoraux, il est aujourd’hui difficile de tromper les électeurs, devenus assez matures pour surtout faire face aux élections gouvernementales en matière de processus électoral. Aujourd’hui, le peuple ne réclame qu’une chose : « La tenue des élections le 20 décembre 2023 ». Mais, quelles élections ? Des élections compétitives, pacifiques, crédibles, inclusives et transparentes. Seront-elles assurées forcément avec l'UE ?

Il sied de reconnaître qu’il n’existe plus de modèle de démocratie en ce qui concerne les élections à travers le monde.  Ce, étant donné que même dans les pays de vieilles démocraties, rien n’est parfait. La démonstration entre Trump et Biden, prouve à suffisance qu’il n’existe pas d’élections parfaites sans contestation. L’idéal de performance d’un processus électoral crédible devant mettre tout le monde d’accord, est loin d’être atteint. Outre, malgré les bonnes intentions et un travail sérieux, les organisations internationales sont souvent otages  des politiques.

Pourtant, leur mission : assurer la liberté et l'équité des opérations.

En août 2016, par exemple, la mission d’observation de l’Union européenne (UE) au Gabon relevait des « anomalies [remettant] en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l’élection ». Ce document, qui conclut à de nombreuses irrégularités, n’a pas empêché Ali Bongo Ondimba d’être reconduit dans ses fonctions à la tête de l’État. Même s’il faut l’admettre : il constitue encore aujourd’hui le point noir de sa réélection contestée.

En rôle aussi de dénonciation, ces observateurs sont censés tout contrôler. Entre autres,  la façon dont les listes électorales sont établies, le déroulement de la ­campagne, du scrutin, comment les urnes sont ouvertes et les bulletins empaquetés, la taille et la forme des enveloppes… 

L'année 2023 donnera de nouvelles occasions de juger leur efficacité. Même si, une chose est sûre : ils auront beau consigner toutes les fraudes sur leurs carnets, les observateurs n’obtiendront pas l’annulation d’une élection.

Pourtant, les budgets alloués à ces opérations sont généralement élevés. Une mission de l’UE peut coûter plusieurs millions d’euros. Ces fonds servent à couvrir les frais d’hébergement, le transport, le recrutement d’employés locaux… Des frais pour assurer la sécurité des observateurs peuvent aussi s’ajouter. Le système d’observation est éminemment perfectible. Les élections ne sont pas forcément « libres et équitables », mais sans les observateurs elles le seraient peut-être moins encore. Loin de cautionner la fraude électorale mais, on devra reconnaître qu’il y aura des aléas liés à la recherche la performance des élections. 

Comme œuvre humaine aspirant à la perfection, il faut continuer de se battre. C’est là, le sens du combat de l’opposition de faire pression sur le gouvernement pour organiser les élections plus transparentes et crédibles.

La sécurité du pays, première étape de l'Union Européenne

Pendant ce temps, la délégation de l'UE était jeudi dernier chez le vice-premier ministre, ministre de la défense national et anciens combattants, Jean Pierre Bemba, en vue d'avoir des assurances sécuritaires.

Vincent Ringenbert, chef de délégation, estime que le ministre leur a fait un point sur la situation sécuritaire des points chauds.

"Pour nous, c'était intéressant parce qu'on veut envoyer une partie de la mission à Goma. Notre objectif est de couvrir le plus possible en termes d'observateurs, donc c'était intéressant d'écouter l'analyse du Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense Nationale, sur l'Est du pays et lui annoncer aussi qu'une partie de la mission ira à l'Est, pour voir si les conditions sont réunies pour déployer les observateurs", a t-il expliqué.

CM

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