Plafonnement de la dot à 500$ : le pays entre passion et joutes oratoires

Une loi qui, même n’étant pas encore votée, fait rage, fait vibrer tout un pays et est loin de trouver l’unanimité dans la société congolaise. Il s’agit de la proposition de loi portant modification du code de la famille en République Démocratique du Congo. Elle a été jugée recevable lundi 8 mai 2023 à l’Assemblée nationale. C’est la première étape avant son éventuelle adoption et puis sa promulgation par le chef de l’Etat. 

Que dit la loi ? 

L’économie de la loi porte sur l’encadrement pénal de la succession et du patrimoine successoral, la durée des fiançailles, le divorce par consentement mutuel en l’absence de toute contestation, l’interdiction formelle et la stricte pénalisation des actes de polygamie, la fixation du montant de la dot à 500 dollars en milieu urbain et à 200 dollars en milieu rural.

À en croire le député national Daniel Mbau, auteur de cette loi, elle vise à encadrer la question de la dot, mettre fin à sa commercialisation, combattre des abus que certains parents trouvent le luxe d’exiger  des sommes mirobolantes en guise de dot « Il est désormais proscrit, si cette loi est promulguée, qu’une famille vienne ajouter des éléments ou des objets qui ne sont pas prévus dans la coutume. Donc, les téléphones IPhone pro max qui sont parfois demandés méchamment, des ordinateurs, des motos, des télévisions plasma, etc., seront désormais proscrits », a-t-il expliqué. 

À bas les fiançailles…

Pour cet élu national, si cette loi  est adoptée, les couples pourront voir leurs fiançailles dissoutes si, douze mois après s'être fiancés, les futurs époux ne se marient pas. « Il y a ce qu’on appelle le phénomène du broutage. Il y a des jeunes qui vont vers les jeunes garçons, qui vont vers de jeunes demoiselles pour s'aventurer 3, 4, 5, 15 ans et finalement disparaissent pour se marier ailleurs », a-t-il poursuivi. 

Une loi non consensuelle…

La pomme de discorde porte sur la révision à la baisse du poids de la dot, C’est un réel problème de société congolaise alors que la députée de l’opposition Christelle Vuanga pense que cette réforme n’a pas lieu d’être car elle réduit la femme au rang d'objet. « La femme n’a pas de prix, la femme a une valeur et chacun donne sa valeur à sa femme en rapport avec ses moyens. On ne peut pas se réveiller un jour et dire que voilà, voici le montant de la dot. C’est compliqué. Et deuxièmement, c’est la question des fiançailles. Là, c'est le droit naturel, c’est le droit privé, on ne peut pas légiférer dans ce domaine-là »,a-t-elle déploré.

Il sied de signaler qu’en RDC les mariages sont régis par le Code de la Famille, datant de l'année 1987 . La nouvelle loi vient tout simplement réguler l’ancienne loi et l’auteur du texte prévoit un mécanisme qui permet aux futures époux de déroger à la limitation de la dot . 

Silas MUNGINDA

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