RDC : la politique au rythme de la perquisition 

Et si on perquisitionnait toute la république ? Et que la scène actuelle n’est que le début d’une longue opération qui durera toute une éternité ? Et si on perquisitionnait la banque centrale ? Et qu’on est à la recherche des preuves matérielles qui bloquent la situation financière des congolais dans un trou noir ? Et si on perquisitionnait le Rwanda ? Et que…

L’élément nouveau dans le circuit politique congolais s’est invité dans une bonne mauvaise période. Peut-être est-il un moyen pour empêcher ce qui doit arriver d’arriver. La perquisition n’épargne personne décidément, il faudrait du moins, retirer de la liste ceux qui jouissent du pouvoir. A chaque régime suffit sa haine. Elle a commencé sans publicité, donc difficile de dire à qui le prochain tour.

D’un côté, on a déjà tout planifié ; de l’autre, on reste en alerte, ils peuvent débarquer n’importe quand. Moïse Katumbi, Salomon Kalonda et sa mère ; ils ont déjà eu leur dose. Ça commence à faire long quand certaines bouches chuchotent également une possible perquisition chez le taiseux sénateur à vie, dans sa précieuse ferme de Kingakati.

N’y a-t-il pas mieux à faire ?

Gérer par la peur et l’intimidation est aussi une tactique politique qui marche. Elle a donné des résultats, fut un temps, histoire oblige, à l’époque de Mobutu. Sauf qu’en ce moment, il était clair que le pays était sous la dictature. Actuellement et dans une démocratie, de tels actes risquent de peser gros, si élections il y a en décembre 2023. Après Kabila égale avant Kabila, disent certains observateurs. D’autres yeux voient plutôt une situation plus grave qu’avant. 

Et la construction d’un pays plus beau qu’avant tant chanté dans l’hymne national est toujours en (5) chantier. Au lieu de s’en occuper, on se concentre sur l’objectif d’un parti politique : conquérir le pouvoir et le conserver le plus longtemps possible. En plus, dans une année électorale, on a besoin de tous les moyens, ils sont tous bons, disaient Machiavél. Tous ceux qui représentent un danger doivent être traqués selon une certaine forme maquillée qu’on va coller au dos de la démocratie et des lois du pays.

Un danger pour le pays ou plutôt un danger pour le pouvoir en place. Toutes les hypothèses sont vraies. Car un danger qui cherche à renverser le pouvoir, comme le cas de Salomon Kalonda, selon le colonel qui suit l’enquête ; peut plonger le pays dans le chaos comme ce fut dans une époque de l’histoire qui reste sombre lorsqu’elle se raconte encore. Pendant ce temps, on est là où on était. Au point de départ ou repos, Dieu seul sait.

Montrer les muscles 

L’éducation, le développement de l’agriculture, l’aménagement des routes, la politique culturelle et touristique, le numérique dans les universités, le taux du dollar, le chômage, le train de vie des institutions de l’Etat ; pour ne citer que ceux-ci. Voilà des secteurs sur lesquels, on pouvait bien montrer des muscles. On s’y mettrait avec la même énergie que celle de la perquisition, bien des choses changeraient.

Dans l’entretemps, profitons du prochain feuilleton de la perquisition.

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