Répartition des sièges : la CENI avance, la rue proteste

Les élections auront bel et bien lieu dans le délai constitutionnel, insiste et persiste la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Sur le terrain, la parole s'accommode aux actes. En effet, le processus électoral devient de plus en plus inversible, surtout après l'adoption par les élus nationaux du projet de la loi portant sur la répartition des sièges.

Une disposition, faut-il rappeler, s'effectuera par circonscription électorale pour les élections législatives, nationales, provinciales, municipales et locales. Il ne reste qu'ainsi, la promulgation du chef de l'État après le coup de balet de la commission politique, administrative et juridique de l'assemblée nationale et la seconde lecture du sénat.

Le violon ne s'accorde toujours pas

Le schéma qu'on pense désormais au passé, voyant des violences à chaque cycle électoral, semble se dessiner, une fois de plus, sur la scène politique congolaise. Société civile, opposition et pouvoir en place, comme pendant les précédents processus électoraux (2006, 2011 et 2018) n'arrive pas à parler le même langage.

Du coup, censés contribuer à faire baisser la tension, par faute de consensus, les élections programmés en décembre prochain, risquent au contraire de faire basculer le pays dans un nouveau cycle de violences. Il faut signaler également que si la loi sur la répartition des sièges a été votée à l’unanimité, c’était sans les députés de l’opposition qui décrient la qualité du fichier électoral.

Encore un rendez-vous pour le quatuor !

Fayulu, Sessanga, Katumbi et Matata rassemblent à nouveau leurs partisans, le 17 juin prochain au terrain sainte Thérèse, dans la commune de Nd'jili à Kinshasa, pour un meeting dont la communication laisse un suspense.

D'évidence, comme Muzito actuellement en solo, et plusieurs mouvements tant civil que religieux, le quatuor garde la posture de dénonciation d'une fraude électorale en gestation.

Car, selon eux, aussi longtemps que la centrale électorale et le pouvoir en place, continueront à mener, le processus sans les avis d'autres parties prenantes, ce sera la preuve des stratégies mises en place, visant à offrir un second mandat au président Félix Tshisekedi.

Toutefois, il y a lieu de s'interroger sur ce qui sera concrètement le contenu du message de ces 4 leaders opposants. Surtout, parce que le meeting interviendra une semaine avant que la Ceni doive débuter avec la réception des candidatures. 

Serait-il un message d'annonce d'une candidature commune ? La politique reste et demeure dynamique et pas une science exacte. Peut-être aussi, un message de boycott des joutes électorales. Ou soit un message allant dans le sens d'opter la politique de chaise vide comme le Fcc de Joseph Kabila. L'avenir en dira un peu plus...

Pendant ce temps, l'option la plus plausible que pensent les observateurs, pour les élections réellement apaisées, transparentes et libres, serait la préconisation du consensus dans le processus.

CM

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