Situation sécuritaire dans l’Est : Face à l’inefficacité de l’EAC , Félix Tshisekedi change son fusil d’épaules

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a « approuvé le déploiement de forces afin de soutenir la RDC pour restaurer la paix et la sécurité », confirme le communiqué de cette institution sous-régionale qui s’est réunie lundi 08 mai dernier à Windhoek, la capitale namibienne. Des troupes de la SADC vont donc intervenir au Congo pour tenter de rétablir la paix dans une région devenue le ventre mou de la bouillabaisse et de la turbulence des armes . Mais les contours de cette nouvelle force restent ambiguës car les interrogations sont nombreuses : A quelle date arriveront les troupes de la SADC ? Combien d’hommes ? Quels seront les pays contributeurs ? Pour combien de temps ? Avec quel financement ?

La victoire de 2013 contre M23 sera-t-elle renouvelée ?

Une lueur d’espoir est sortie pour conjurer la crise sécuritaire qui, depuis plusieurs décennies, plonge la partie Est de la RD. Congo dans les profondeurs des troubles ainsi que des massacres aux effets dramatiques sur les populations civiles. C’est ainsi que le chef de l’Etat va tenter l’expérience de la brigade d’intervention rapide (FIB) qui avait mis fin aux avancées du M23 en 2013, notamment avec des troupes de la SADC.

La RDC, un dépotoir de l’armée étrangère…

L’ empilement de troupes étrangères sur le sol congolais donne le vertige, car pour l’instant, la sur-militarisation de la région n’a donné aucun résultat « Nous allons droit vers un embouteillage militaire, il y a déjà les contingents de différents pays dans le cadre de la MONUSCO , il y a cinq pays dans le cadre de l’EAC, Félix est en train d’exposer le pays à un danger », a expliqué sur les ondes de la radio onusienne Jean-Baptiste Muhindo, député national, élu de Goma (Nord-Kivu) et membre de la commission Défense et sécurité à l’Assemblée nationale.

Et l’EAC ?

Le chef de l’Etat a largement critiqué mardi 09 mai dernier la force militaire régionale déployée par les pays d'Afrique de l'Est pour stabiliser l'Est de la RDC, laissant entendre que les troupes pourraient partir d'ici fin juin.S'exprimant lors d'une visite au Botswana, Félix Tshisekedi a fait part de ses inquiétudes quant à la "cohabitation" entre les rebelles et la force qui a commencé à se déployer à la fin de l'année dernière. « Nous avons remarqué une cohabitation entre le contingent de l'Afrique de l'Est et les rebelles" », a déclaré Félix Tshisekedi lors d'une conférence de presse animée conjointement avec son homologue du Botswana.

SADC à une force offensive ou d’interposition ?

Tout reste à savoir si la SADC sera à la hauteur des attentes. l'opinion tente de savoir également si le gouvernement congolais a jeté son dévolu sur cette brigade pour une force " offensive " ou d’interposition . La crainte serait de voir la SADC se transformer face au M23 en « force neutre » à la manière d’une EAC -bis déjà largement impuissante.

Silas MUNGINDA

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